Agir pour une Méditerranée sans plastique

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Les 24,25 septembre 2026- 9ème édition

 

Représentant à peine 1% de la surface de l’Océan global, la Méditerranée concentre 7% des microplastiques mondiaux. S’ajoutant à un réchauffement particulièrement soutenu de ses eaux, 230 milles tonnes de plastique transforment chaque année cet espace de vie en un piège mortel pour 17.000 espèces endémiques. 

La prévision est dramatique à l’échelle de l’Océan global. De 500 millions de tonnes de plastique produites par an en 2024 dont plus de 10 millions finissent dans la mer, le rythme de production passera à 1 milliard en 2050 avec une perspective de 20 à 30 millions de déchets par an dans l’Océan. Chaque minute qui s’écoule voit l’équivalent d’un camion de déchets plastiques déversé en mer, créant des concentrations records de deux millions de microplastiques et nanoplastiques par kilomètre carré que l’on retrouve dans les organismes animaux et humains.

Alors que les négociations internationales, entamées lors de sept réunions successives par les États membres des Nations Unies depuis 2022, sur un traité visant à mettre fin à la pollution plastique, sont toujours aussi infructueuses qu’incertaines, la Méditerranée, l’une des mers les plus affectées par ce fléau, peut ou doit sonner l’alerte. Et montrer l’exemple.

Les constats ne manquent pas. Tout en s’appuyant sur les analyses du Plan Bleu, qui alertent depuis longtemps sur les limites de notre modèle de développement, la Convention de Barcelone et ses protocoles relatifs à la pollution provenant de sources terrestres ont appelé à la raison producteurs et utilisateurs de plastique. Prévenir la pollution coûte dix fois moins que de dépolluer. Les lobbys des énergies fossiles s’opposent à une réduction de la production et prônent un traité tourné autour du recyclage. ; cependant, tandis que moins de 20% des plastiques sont recyclés dans le monde, la production pourrait selon l’OCDE tripler d’ici 2060. A la logique curative, centrée sur des opérations de nettoyage coûteuses et symboliques, s’oppose une stratégie préventive intégrée, qui ouvre de véritables opportunités plus soutenables et réalistes à long-terme et permettant à de nouveaux marchés alternatifs aux plastiques de se développer.

Sur le chemin vers un indispensable traité international, il est crucial de valoriser les opportunités positives qu’il présente pour tous les acteurs. Dans le bassin méditerranéen, des femmes et des hommes, représentants de la société civile, scientifiques, responsables de collectivités territoriales mais également entrepreneurs engagés, souhaitent ainsi rassembler des acteurs de bonne volonté autour d’un accord programmatique qui couvrira le cycle de vie complet des plastiques, y compris les phases de conception, de production et d’élimination.

Le Forum de Bizerte se propose d’être cet espace de construction d’une pareille collaboration et de soumettre un agenda réaliste de « déplastification » du bassin méditerranéen. S’il ne pourrait être, dans un premier temps, juridiquement contraignant, l’accord a pour ambition de montrer que les États, les élus, les entrepreneurs et les représentants de la société civile au sens le plus large du terme peuvent, ensemble, à l’échelle d’un bassin maritime historique, et au nom de la survie du vivant, être le laboratoire de cet océan débarrassé d’un poison mortifère.