These extraordinary divers carry on a matrilineal tradition of diving, even when pregnant. From a young age, they learned to hold their breath for long dives in cold waters.

Women in their seventies laugh and sing on a beach in Jeju, an island off the coast of South Korea, as they prepare to spend the day fishing for shellfish. A few moments later, they throw themselves into icy waters, at 10° C, diving to depths of 10 meters where they collect their loot on the seafloor before quickly rising to the surface. They fish without oxygen tanks, sometimes diving and ascending for five hours a day.

« Now they wear jumpsuits, but until the 1980s, they only wore cotton swimsuits, » says Melissa Ilardo, a geneticist at the University of Utah who works with these women.

They are called the Haenyeo. These divers perpetuate a matrilineal tradition of diving, and this same enclosure.

Their impressive abilities are, in part, due to a lifetime of training: they have learned to hold their breath for long dives in cold waters.

Over the generations of diving practitioners, the genes of these divers and those of their children have undoubtedly evolved. These physiological adaptations allow them to dive safely, according to a study recently published in the scientific journal Cell Reports.

The genetic mutations observed in this group of divers from Jeju Island are just another piece of evidence.

The genetic mutations observed in this group of divers from Jeju Island are just another piece of this puzzle that shows that humans can adapt to extreme conditions.PHOTOGRAPH BY David Hogsholt

WOMEN OF THE SEA

The Haenyeo, a name that means « women of the sea » in Korean, dive in groups throughout the year and catch mollusks, such as abalone or sea urchins, to feed their community.

It is often young and with their mother that these women learn to dive. However, they began their official training at the age of fifteen, a training that would last a lifetime, explains Melissa Ilardo.

« They have an impressive relationship with the sea; they are its guardians. They take great care of the marine environment, » says the geneticist, admiringly. She adds that divers do not harvest the same molluscs depending on the season, giving plant and animal populations time to regenerate.

This matrilineal tradition is not as popular among younger women. The divers are on average seventy years old and may be the last generation of Haenyeo. This means that the window to study these genetic traits may be closing. Melissa Ilardo explains that the tradition of diving on Jeju Island dates back thousands of years, although it’s unclear when it became exclusively female.

Une plongeuse de l’île Jeju, une Haenyeo (femme de la mer), photographiée en 1954. Certains historiens ...
Une statue honore l’ancienne tradition coréenne. En 1950, on comptait près de 30 000 Haenyeo sur l’île. En ...

Gauche: Une plongeuse de l’île Jeju, une Haenyeo (femme de la mer), photographiée en 1954. Certains historiens pensent que les habitants de l’île Jeju plongent depuis 1 700 ans.PHOTOGRAPHIE DE Universal History ArchiveUniversal Images GroupGetty ImagesDroite: Une statue honore l’ancienne tradition coréenne. En 1950, on comptait près de 30 000 Haenyeo sur l’île. En 2003, il n’y avait que 5 650 femmes enregistrées en tant que plongeuses, et 85 % d’entre elles avaient plus de 50 ans. Il pourrait s’agir de la dernière génération d’Haenyeo en Corée.PHOTOGRAPHIE DE Giulio Di SturcoCONTRASTORedux

L’ADAPTATION AUX EXTRÊMES

Les corps humains sont capables de s’adapter et de s’acclimater pour tolérer des conditions extrêmes, comme les hautes altitudes et les températures glaciales.

« Les humains s’adaptent, nous vivons partout », s’émerveille Joshua Tremblay, chercheur cardiovasculaire de l’université de Colombie Britannique, qui n’a pas pris part à la récente étude. 

Cara Ocobock a travaillé auprès d’éleveurs de rennes en Finlande, fréquemment exposés au froid extrême. L’anthropologue de l’université de Notre Dame, qui n’a pas pris part à la récente étude, a découvert que leur corps tendait à avoir une plus grande quantité d’un type de graisse spécialisée dans la conservation de la chaleur.

Certaines populations des hautes altitudes se sont adaptées, tant au niveau physiologique que génétique, aux niveaux relativement faibles d’oxygène atmosphérique, explique Joshua Tremblay. Cependant, ces adaptations varient. Les personnes habitant la cordillère des Andes produisent plus de cellules de globules rouges, tandis qu’au Tibet, les adaptations relèveraient plus de la concentration en hémoglobine. Toutes deux permettent au sang de ces personnes de transporter plus d’oxygène.

Les plongeurs Bajau, les « nomades de la mer », d’Indonésie, ont développé de plus grandes rates, ce qui augmente la circulation des globules rouges et de l’oxygène au cours des plongées. C’est ce qu’a montré une étude menée par Melissa Ilardo, publiée en 2018. Cette découverte l’a conduite à étudier les Haenyeo afin de voir si elles présentaient des adaptations évolutives similaires. Elle mène cette recherche de concert avec Joo Young Lee, de l’université nationale de Séoul, qui travaille auprès des Haenyeo depuis plus de dix ans.

TESTER UN SUPER-POUVOIR DE LA PLONGÉE

Melissa Ilardo et son équipe ont comparé trente génomes de plongeuses Haenyeo à celui de trente personnes de l’île Jeju, qui n’étaient pas des Haenyeo, ainsi qu’à trente-et-un habitants de la Corée continentale. L’âge moyen des participants était de soixante-cinq ans. Tous les participants ont également participé à des simulations de plongée, lors desquelles ils ont submergé leur visage dans des baignoires remplies d’eau froide, tout en retenant leur respiration.

Durant ces simulations, le rythme cardiaque des Haenyeo a diminué de plus de 50 % comparé aux autres groupes, ce qui les a aidées à retenir plus longtemps leur souffle, en limitant les besoins en oxygène du corps et réduisant le travail du cœur. Les chercheurs ont émis l’hypothèse que cette capacité était un résultat de l’entraînement de longue vie des plongeuses.

« La différence de rythme cardiaque était vraiment spectaculaire », confie Melissa Ilardo. « Nous avons observé une plongeuse dont le rythme cardiaque est descendu à 40 battements par minute, en 15 secondes. »

Les analyses de génome ont montré que les habitants de Jeju, plongeuses ou non, se distinguaient génétiquement des participants venant de Corée continentale. Les résidents de Jeju descendent probablement d’une petite population ancestrale, selon Melissa Ilardo, et ont été isolés du continent durant de longues années. La généticienne remarque que, au cours de l’Histoire, les personnes n’avaient parfois pas le droit de pénétrer sur l’île ou d’en quitter les côtes.

Des participants de Jeju, 33 % étaient porteurs de deux variants génétiques qui pouvaient aider le corps à tolérer les pressions de la plongée. À titre de comparaison, seuls 7 % des participants du continent présentaient ces gènes. L’un des variants est associé à la tolérance au froid, ce qui rendrait les plongeuses moins sensibles à l’hypothermie. L’autre variant concerne la diminution de la tension artérielle diastolique.

Ce variant génétique de la pression artérielle peut protéger les Haenyeo lorsqu’elles plongent alors qu’elles sont enceintes. Traditionnellement, les plongeuses continuent leur activité jusqu’à leur accouchement, s’impressionne Melissa Ilardo. Les chercheurs suggèrent que la baisse de la pression artérielle qu’engendre cette mutation pourrait prévenir les complications comme la prééclampsie, un risque pour la santé des femmes enceintes que la plongée peut exacerber.

« C’est une activité qui génère un stress énorme sur le corps », explique Melissa Ilardo en parlant de la plongée en eau froide, « et nous pensons que ce variant génétique pourrait les protéger grâce à son action sur les vaisseaux sanguins, réduisant à la fois le risque pour la mère et pour l’enfant. »

S’ADAPTER À UN MONDE QUI CHANGE

Cette étude fait des Haenyeo la deuxième population connue qui semble avoir évolué pour la plongée, en plus des Bajau.

« C’est une démonstration incroyable de la variation humaine, de son évolution et de sa souplesse », affirme Cara Ocoblock.

Once underwater, the women search the seafloor for crustaceans. They ...

Once underwater, the women search the seafloor for crustaceans. They sometimes work at depths of ten meters below the surface, pushing the limits of human endurance. PHOTOGRAPH BY David Hogsholt

The genetic mutation that many of Jeju Island’s residents have could do more than help with diving, says Ilardo. It could also explain why the island has the lowest stroke mortality rate in all of Korea.

« It would be really incredible if these women, who are pregnant like the superheroines they are, were at the origin of this phenotype that affects the health of the entire island, » says Melissa Ilardo. The geneticist adds that a better understanding of how this genetic variant works could improve treatments for cardiovascular disease.

Exploring how the human body adapts and acclimatizes to extreme conditions is also important in this context of climate change, says Cara Ocoblock. The scientist refers to the warming of the atmosphere and the increase in extreme weather events, such as snowstorms and heat waves.

« A better understanding of the human body’s ability to adapt to these extremes and mitigate their effects will only better prepare us for what we face now, » concludes Cara Ocobock

Source: NationalGeographic

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